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cours d'aquarelle: conseils, trucs et astuces d'un aquarelliste professionnel

Etude de Golden Retrievers (suite)
Auteur: Cyrille_Jubert,

Peindre à l'aquarelle est affaire de patience. C'est vrai lorsque l'on peint à ma manière en cherchant à avoir de vrais contrastes. Il faut poser, glacis après glacis, couches après couches, de nouvelles nuances, jusqu'à obtenir l'effet souhaité. Dans cette page, étape par étape, pas à pas, vous allez voir l'aquarelle se renforcer et les golden retrievers sortir du papier.

PHOTO DE REFERENCE
Je vous redonne la photo de référence, à gauche, et , à droite, la fin de l'étape précédente.
Vous pourriez vous étonner d'avoir une telle différence dans les couleurs ou les contrastes. Les couleurs et la lumière sont des impressions extrêmement relatives. Vous connaissez déjà mon étude de blancs, et toutes les variantes que j'ai pu faire de ces chiens blancs avec des fonds clairs ou sombres. Si derrière ces golden retrievers, je peignais un fond très foncé en mélangeant du vert-de-vessie et de l'encre de chine, mes golden vous sembleraient éblouissants de blancheur.

Monter en valeur
A gauche, les têtes des deux chiens à la fin de la phase 1.
A droite, j'ai travaillé la tête du deuxième golden retriever pour qu'il soit de la même densité que son voisin. J'ai totalement inventé son oeil, car sur la photo d'origine, il n'y a qu'un trou noir.
Maintenant comparez la tête du chien en premier plan à gauche, avec la même tête sur la photo de droite. J'ai densifié toute la surface dans l'ombre, dans la même nuance bleu-violet, d'une part en travaillant très finement les poils avec un pinceau en poil de martre, puis en fondant l'ensemble avec un glacis très mouillé.

Inventer les yeux

Sur la photo d'origine, même agrandie au format 50x75, les yeux des 4 chiens sont juste des trous sombres. Avec beaucoup d'apréhension, en regardant les yeux de mon labrador, j'ai inventé des détails pour donner un regard à ces chiens. Quelques jours plus tard, recevant de nouvelles photos des chiens, j'ai pu corriger un peu.: blanc d'oeil moins apparent et iris plus terre-de-sienne.

De la même façon, j'ai longuement travaillé les poils.
Quand je dis longuement, cela signifie de nombreuses heures de travail en utilisant successivement pinceau très large ou pinceau moyen en petit gris et mon pinceau très fin en poil de martre... en peignant sec sur sec, puis mouillé sur sec.
Qui a dit que l'on ne peut jamais revenir sur une aquarelle ?
Cet adage n'est vrai que pour une aquarelle très légère mouillée sur mouillée, mais c'est tout.

Détail de poil laineux
Ce gros plan vous montre un détail du poil en haut de la cuisse du chien le plus à droite. A gauche, les côtes forment des creux avec des ombres très marquées, alors qu'à l'extrême droite, le poil accroche la lumière du soleil.
Entre les deux, dans l'ombre, le poil forme des touffes laineuses indisciplinées. Comment rendre cette impression en peinture ?
A l'aquarelle, vous ne pouvez pas peindre le poil blanc sur un fond sale, comme dans une peinture à l'huile. Vous allez donc chercher à voir les creux d'ombre, comprendre leurs formes pour chercher à les reproduire. C'est ce qu'on appelle "peindre en négatif".
Ces touffes de poils ne sont pas sculptés avec un gel, ils sont informes, confus, diffus. Pour les peindre, j'ai utilisé un pinceau moyen en petit-gris, en peignant mouillé sur sec, ou mouillé sur humide, pour rester dans le flou. Je vous rappelle, que j'ai peint ces touffes sur un fond qui indiquait déjà grossièrement l'ombre et la lumière. Dans un troisième temps, j'ai renforcé globalement l'ombre avec un gros pinceau de petit-gris, mouillé sur mouillé, redonnant du flou à l'ensemble.

Et enfin une large vue d'ensemble