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Le débat houleux autour de la vénerie, qui a
agité la Grande Bretagne pendant 15 ans,
avait il d'autres motivations que d'épargner les renards
?
L'étude des réalités historiques, économiques
et sociales de la chasse à courre
révèlent une révolution politique profonde
au Royaume Uni et l'abolition des privilèges de la
Noblesse en Angleterre.
Résultats du Bac 2005 : reçu grâce
à un 18/20 à ce TPE
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LA CHASSE A COURRE
dans une société moderne
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à
l'heure d'aujourd'hui
Art suranné ou Antiquité anachronique ?
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Introduction
La chasse et la cueillette ont été
les premières activités de l'Homo Erectus et lui
ont permis de survivre aux premières heures de notre
Préhistoire. Le chien, premier animal domestiqué
par l'homme, lui a permis d'améliorer et de diversifier
ses techniques de chasse dès la plus haute Antiquité.
Dans la mythologie, le chasseur Actéon, surprenant Diane
au bain avec ses compagnes, est transformé en cerf et
pris à courre par ses chiens. Ecrit 400 ans avant JC,
le "Kynegetikos" de Xénophon est le plus ancien livre
arrivé jusqu'à nous, décrivant l'élevage
de chiens courrants et l'art de la vénerie. Platon, Cicéron,
Virgile écriront à leur tour sur l'art de la cynégétique.
De Gaston Phoebus au XIIIe s au Marquis de Foudras, en passant
par Paul Vialar ou Maurice Genevoix au XXe siècle, pour
ne citer que des auteurs franais, la littérature abonde
de pages épiques et passionnées sur la chasse
à courre.
En France, la chasse était l'un des privilèges
de la Noblesse qui fut aboli par la Constituante la fameuse
nuit du 4 août 1789. A la suite des conquêtes napoléoniennes,
la vénerie s'est démocratisée dans toute
l'Europe. En Angleterre, si la vénerie du cerf est restée
longtemps un apanage royal, la chasse au renard était
la distraction favorite de l'aristocratie britannique, avant
de se démocratiser dans le courant du XIXe siècle.
Attirant une foule de suiveurs à pied, à cheval
et en voiture, cette activité mobilise aujourd'hui 1.200.000
personnes en Angleterre.
Attaquée en Belgique, puis en Grande-Bretagne, la vénerie
appartient-elle à un passé révolu ? Quelle
est sa place économique, sociale et politique dans notre
société actuelle ?
Quels arguments ont prévalu pour interdire la chasse
à courre en Grande Bretagne? A qui profite le crime ?
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I Vénerie
d'ici et d'ailleurs :
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1.1 La Vénerie en
France
1.1.1 Un Capital historique
La chasse à courre à
cor et à cri est un mode de chasse où l'homme
assisté d'une meute de chiens cherche à forcer
et à prendre un animal sauvage. Il faut distinguer la
Grande et la Petite Vénerie, qui concernent des gibiers
et amateurs assez différents. Si la chasse à courre
n'a guère perduré dans les pays germaniques, elle
s'est profondément enracinée en France.
Bien qu'ayant souvent une image élitiste et aristocratique,
image d'Epinal largement répandue au travers des livres
d'Histoire de l'Ecole républicaine, la chasse à
courre fait bel et bien partie intégrante de notre paysage
culturel et appartient aux traditions populaires. Notre vocabulaire
courant intégre nombre d'expressions directement issues
du vocabulaire spécifique de la vénerie. "Donner
le change", "rameuter", "courir deux liévres à
la fois", "sonner la curée", sont autant de locutions
désignant des phases d'une chasse à courre, mais
utilisées aujourd'hui dans la vie courante.
Si la France avec 14 Millions d'hectares contre 10 en Allemagne
et seulement 2 en Grande-Bretagne, posséde l'une des
plus vastes superficies de forêt d'Europe, elle le doit
en partie à la Vénerie. Lorsque le bois était
à la fois le principal moyen de chauffage, l'une des
matiéres premiéres indispensables à la
construction et à l'industrie naissante, les rois de
France ont dés le XIII éme siècle sauvegardé
voire planté des forêts pour conserver des domaines
de chasse à courre. Les forêts de Fontainebleau,
Rambouillet ou Saint Germain pour ne citer qu'elles, qui sont
aujourd'hui la ceinture verte de Paris, ont été
conues pour la vénerie avec des allées forestières
en étoile pour mieux suivre le spectacle des laisser-courre.
Enluminure ou tapisserie, peinture ou sculpture, littérature
ou architecture, la vénerie imprègne notre patrimoine
culturel et a été le sujet d'innombrables chefs
d'oeuvre. Chambord, fleuron de l'architecture Renaissance, fut
conçu pour recevoir la cour, lors des chasses royales
de François 1er. |
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1.1 La Vénerie
en France
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1.1.2 La Grande Vénerie
Les "équipages" de cerf,
de chevreuil et de sanglier, ces derniers étant appelés
"vautraits", constituent la "Grande Vénerie".
Ces animaux parcourant couramment plusieurs dizaines de kilomètres
durant une journée de chasse, les "veneurs" et invités
chassent à cheval. Les autres "suiveurs" pouvant se déplacer
en voiture ou à bicyclette pour essayer de suivre le
déroulement du "laisser-courre". La meute de chasse est
constituée en moyenne d'une trentaine de chiens courrants.
Entre les éclopés, les blessés, les "lices"
destinées à la reproduction et les jeunes chiens,
le chenil d'un grand équipage peut compter plus d'une
centaine de chiens.
L'entretien d'une meute et de chevaux de selle, les frais de
personnel (piqueur, valets de chien, ..) et la location des
territoires de chasse imposent donc des frais très importants
aux équipages de "Grande Vénerie". Si, autrefois
un équipage appartenait à un homme seul, forcément
doté de moyens financiers très importants, aujourd'hui
tous les équipages sont constitués en associations
à but non lucratif. Les "membres" vont cotiser pour devenir
"boutons" ou "gilets" pour demi-actionnaires et le "Maître
d'équipage" sera souvent coopté, ainsi que les
membres du directoire qui l'assisteront dans la gestion. A titre
indicatif, la cotisation d'un "bouton" sera de l'ordre de 1000
euros dans un équipage de chevreuil, 2000 pour le sanglier
et 3000 pour le cerf. Ces cotisations correspondent à
peu près aux tarifs pratiqués par an par un Club
de golf.
Un budget certes, mais qui n'est pas princier comme aux siècles
précédents. Outre les boutons payants, les laisser-courre
attirent une foule nombreuse de suiveurs qui pour la plupart
ne participent pas au financement de l'équipage. Passionnés
venus de loin, forestiers, "gens du pays" ou amis de l'équipage,
ils sont des centaines à vivre chaque samedi cette aventure
commune, où les milieux sociaux se mêlent avec
une bonhomie empreinte d'une courtoisie qui n'existe plus dans
les sociétés urbaines.
Fortement ritualisées, ces chasses à courre sont
toujours des spectacles impressionnants pour le profane. La
"tenue de vénerie" institutionnalisée sous Louis
XIV impose la redingote à galons, le gilet, la cravate
en jabot, la toque et les bottes à chaudrons. Chaque
équipage se différencie par les couleurs du gilet,
de la tenue et de ses parements et par un bouton, qui lui est
propre. Les "fanfares", codifiées sous Louis XV, sont
sonnées à l'aide d'une "trompe de vénerie",
permettent aux veneurs de "sonner" chacune des péripéties
de la chasse pour mieux tenir informés les suiveurs au
loin.
Chassé dans une forêt qu'il connat depuis sa naissance,
doué de ruses innées qui trompent et égarent
la meute tout au long du laisser-courre, l'animal de chasse
gagne la partie une fois sur deux pour le cerf ou le sanglier.
Le chevreuil pour sa part réussit à semer la meute
trois fois sur quatre. Chasse écologique s'il en est,
la vénerie prélève selon les espèces
entre 1 pour 100 et moins de 1 pour 1000 du cheptel. Les "grands
animaux" en France sont soumis à un Plan de Chasse obligatoire
depuis 79 édicté par les préfectures de
chaque département Sur une population de cerfs de 100.000
têtes, 35.000 sont tués à balles, 1000 à
courre. Les chevreuils, eux, sont 1.200.000. 450.000 doivent
être prélevés, 1000 le seront à courre.
Les sangliers sont près de 800.000; 400.000 prélèvements
annuels à balles, 400 à courre.
Ce Plan de Chasse a pour objectif de trouver et de maintenir
un équilibre acceptable entre sylviculture, agriculture
et faune sauvage.
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1.1 La Vénerie
en France
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1.1.3 La Petite Vénerie
Les équipages de Petite Vénerie
chassent le lièvre et le lapin.
La chasse de ces animaux ne nécessite pas forcément
de chevaux, les distances parcourues par ces animaux lors d'une
chasse étant beaucoup plus courtes. Est considéré
comme meute de vénerie, un ensemble de chiens, rassemblant
un minimum de 6 chiens de race homogène créancés
sur le même animal.
Selon les régions et le gibier chassé, les chiens
sélectionnés par l'équipage pourront être
de races très diverses, généralement plus
courtes sur pattes que les grands chiens courrants. Les meutes
sont également moins nombreuses et donc moins coûteuses
d'entretien.
Pour chasser le lièvre ou le lapin, il n'ait pas non
plus besoin de milliers d'hectares comme pour la vénerie
du cerf ou du sanglier, les frais engendrés par la création
et l'entretien d'un équipage de petite vénerie
sont donc accessibles au plus grand nombre. Les cotisations
s'élèvent par an à quelques centaines d'euros,
tout au plus. A pied, la plupart du temps, ces veneurs ont une
tenue plus légère que leurs homologues chassant
à cheval.
Pas de redingote, ni de bottes à chaudron pour courir
travers champ, et la toque de cavalier est généralement
remplacée par une simple casquette. Seul le gilet et
une "cravate" portant le bouton de l'équipage, rappelleront
l'étiquette et l'élégance codifiées
par Louis XIV. La trompe "à la Dampierre" sera souvent
remplacée par une simple "pibole", plus facile à
porter au cours de ces courses à pied extrêmement
sportives à travers la campagne. Parce que cette chasse
demande une grande forme physique ou parce qu'elle est beaucoup
moins onéreuse que la grande vénerie, la petite
vénerie attire un public plus jeune et socialement plus
diversifié. Beaucoup de ces équipages sont composés
de ruraux, agriculteurs, éleveurs et villageois réunis
par une même passion.
Sur une population estimée de 1 million de lièvres,
600.000 sont prélevés à tir, et 1200 à
courre, quant au lapin, les prélèvements sont
estimés réciproquement à 3,2 millions et
500.
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1.1 La Vénerie
en France
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1.1.4 La vénerie
sous terre
Sous-ensemble de la "petite vénerie",
elle concerne surtout le renard. Ce canidé nocturne gîte
dans des terriers constitués de multiples galeries dotées
de plusieurs issues. Se nourrissant de rongeurs, lapins ou mulots,
oiseaux sauvages ou domestiques voire d'agnelets, il est classé
nuisible depuis la nuit des temps.
Très souvent, le maître d'équipage dans
la vénerie du renard en France est "lieutenant de louveterie".
Ce corps de fonctionnaires, créé par Charlemagne,
assure la régulation des espèces dites nuisibles
(corvidés, lapins, renards, ) lorsque leurs populations
engendrent des dégâts trop importants. Cas unique,
les lieutenants de louveterie sont des fonctionnaires bénévoles.
Les équipages de renards en France sont toujours invités
sur les territoires où ils chassent.
Pour cette vénerie sous terre, de très nombreuses
races de chiens ont été sélectionnées
pour leur petite taille et leur pugnacité. Ces chiens
appartiennent globalement à la classe des "terriers"
: Fox-terrier, Jack Russell, welsh. Ces gentils animaux de compagnie
qui aujourd'hui connaissent plus souvent la moquette des appartements
que la boue des campagnes, sont le fruit d'un élevage
sélectif en vue de la chasse aux renards.
Le renard étant au gîte, le veneur va lâcher
une meute de chiens de petite taille à l'une des entrées
du terrier. Les chiens vont chasser le renard de galeries en
galeries jusqu'à l'acculer dans l'un de ses gîtes
en cul-de-sac, où l'animal tiendra tête aux chiens.
A l'extèrieur, les veneurs l'oreille collée au
sol, suivent la progression de la chasse grâce aux récris
des chiens. Quant le renard est aux abois, le chasseur transformé
en terrassier, va creuser un puit à l'aplomb de l'accul
où l'animal est retranché, pour le "servir" et
récupérer ses chiens. Cette chasse de terrassiers,
extrêmement physique, est autorisée toute l'année.
Elle est souvent pratiquée en dehors de la saison de
chasse par les lieutenants de louveterie, qui s'adonnent en
saison à la chasse d'autres gibiers.
En France, le renard n'a été officiellement classé
animal de vénerie que dans les années 70. Depuis
lors, l'Association Franaise des Equipages de Vénerie
Sous Terre a vu le jour. Elle regroupe 1500 équipages
et 5000 déterreurs.
Tous types de chasse confondus, on estime que 400.000 renards
sont prélevés chaque année en France, dont
seulement 400 à courre (hors terriers). |
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1.2 La Vénerie
en Grande Bretagne
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1.2.1 introduction
Du fait d'une législation
différente sur l'héritage, qui n'oblige pas le
légataire à diviser ses biens équitablement
entre ses ayant droits, la Noblesse de la Grande-Bretagne d'aujourd'hui
a conservé de très grandes propriétés
foncières. La réalité économique
étant ce qu'elle est, ces propriétaires terriens
louent la plupart du temps à des tiers les droits de
chasse sur tout ou parties de leurs immenses territoires. La
vénerie britannique ne se limite donc pas aux garden-parties
des membres chenus de la Chambre des Lords.
La chasse au cerf était l'apanage des rois au Royaume-Uni.
Ceux-ci n'ayant pas régenté la sauvegarde des
forêts comme ce fut le cas en France, la forêt britannique
est 7 fois moins étendue qu'en France. La vénerie
du cerf ne concerne que 3 équipages et ne saurait donc
retenir notre attention dans cette étude.
La chasse au renard est la plus caractéristique de la
vénerie anglaise. Ses origines remontent à 1660
sous le règne de Charles II, lorsque les premières
meutes furent spécifiquement créancées
sur le renard. Dans les campagnes britanniques, longtemps dédiées
pour partie à un élevage extensif d'ovins, les
éleveurs se sont toujours plaints d'une prédation
très importante des agneaux par les populations de renards
dans les semaines suivant l'agnelage.
Ceci justifiant peut être cela, la chasse du renard à
courre était extrêmement répandue. On comptait
en 2004 au moment de son abolition 194 "fox hunts" (équipages)
au Royaume-Uni.
Le drag hunting est présenté ici en détail
comme substitut éventuel à cette chasse. La vénerie
du lièvre et du lapin est très présente
en GB, nous ne présenteront que ses particularismes.
Elle compte 72 meutes de beagles, 10 de hariers, 12 de bassets,
18 de mink hounds.
La Vénerie anglaise s'est exportée partout dans
le Monde. Si on comptait 340 équipages de vénerie
en GB, il y en a 334 en Irlande, 204 aux Etats-unis, 29 en Nouvelle-Zélande,
24 en Australie et 14 au Canada |
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1.2 La Vénerie
en Grande Bretagne
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1.2.2 La chasse au renard : Fox-Hunting
Les veneurs anglais portent redingote
rouge, culotte blanche, bottes hautes en cuir et "hard hat",
toque noire ou haut-de-forme. Les invités et suiveurs
montés se distinguent par une redingote noire, mais doivent
porter la tenue traditionnelle et connaître les usages
en vigueur et les respecter. Il n'y a pas de trompe de vénerie
Outre-Manche, mais une simple pibole de cuivre.
Si les équipages français sont constitués
en Associations à but non lucratif, leurs homologues
britanniques ont opté pour un statut de société.
Le Président, le trésorier et leurs différents
assistants sont donc élus. Les boutons de l'équipage
paient une cotisation à l'année de l'ordre de
1500 euros. Les suiveurs à cheval extrêmement nombreux
paient un "droit de suite", au coup par coup, un "fee" d'un
montant équivalent au "green fee" sur un terrain de golf,
qui varie de 35 à 100 euros par journée de chasse.
Les suiveurs à pied ou en voiture paient un "daily cap"
de un à 3 euros.
Les sommes ainsi récoltées permettent l'entretien
de la meute et le financement du personnel salarié permanent
de l'équipage : "piqueur" appelé "huntsman" et
valets de chiens nommés "whipper-in".
Les races de chiens de meute sont relativement proches de ceux
utilisés en France en grande vénerie. Anglais
tricolores ou billies, ce sont de grands chiens courrants, très
fins de nez, mais plus lents et moins gorgés que nos
limiers français. "moins gorgés" signifie que
leur "voix" est moins profonde et moins puissante.
La nuit précédant un "laisser courre", alors que
le renard est lui-même en chasse loin de son terrier,
les bouches d'entrée de son gîte vont être
obturées. Le rendez-vous de chasse très matinal
rassemblera à proximité meute, veneurs et suiveurs.
Les chiens vont remonter les "voies" de la nuit, suivant avec
quelques heures de retard la propre chasse du renard, jusqu'à
ce que l'animal soit lancé. Un laisser-courre peut durer
entre une et quatre heures, selon l'âge, la force et la
ruse du "goupil". |
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1.2 La Vénerie
en Grande Bretagne
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1.2.3 Le "Drag hunting"
Le drag hunting tient à
la fois de la chasse à courre, du "cross country" et
du spectacle.
Chasse à courre artificielle où la meute de
"fox hounds" (chiens de renard) ou de "blood hounds" (chiens
de sang) va chasser une "line" (voie) non pas créée
par le passage d'un animal sauvage, mais laissée par
un homme traînant un leurre odorant.
Ce parcours de chasse est conçu pour offrir aux cavaliers
un maximum d'obstacles à franchir, haies, talus, fossés,
rivières, murets ou barrières créant
par la même pour les très nombreux spectateurs,
un spectacle haut en couleur et riche de chutes spectaculaires.
Une journée de drag permettra d'enchaîner entre
3 et 6 "lines", chacune faisant entre 2 et 8 kilomètres
de long parsemées de plusieurs dizaines d'obstacles.
Ce sport s'adresse donc à des cavaliers confirmés.
Comme la vénerie, le drag hunting se déroule
de septembre à mars. Pendant toute cette période,
ce sont 24 journées de drag et les itinéraires
de 72 lines différentes que les organisateurs vont
devoir créer, en s'assurant qu'aucun des parcours ne
sera chassé plus de deux fois dans l'année.
Si cet exercice était relativement aisé jusque
dans les années 70, la profonde mutation de l'agriculture
britannique depuis lors rend les choses plus difficiles. En
effet, propriétaires fonciers et agriculteurs ont du
moderniser leurs exploitations pour se mettre à l'heure
de l'Europe. Ce sont près de 4 millions d'hectares
autrefois en friches pour l'élevage extensif, qui ont
été transformés en terre arable. Cette
transformation du paysage agricole au Royaume-Uni a rendu
aujourd'hui impossible la création d'un parcours de
15 km d'un seul tenant à travers des pâtures
sans valeur. Ceci explique la multiplication de "lines" plus
courtes dans la même journée, limitées
par des champs cultivés que ruinerait le passage de
cavaliers en grand nombre.
Les participants s'acquittent d'un "daily cap" coûtant
entre 40 et 80 euros par journée. Ces chiffres, comme
ceux cités pour le "fox hunting" ci-dessus, ne tiennent
pas compte de l'achat et de l'entretien de chevaux, de leur
équipement, de leur transport.
Il y a 30 drags hunts répertoriés en Grande-Bretagne,
représentant autant de meutes comptant chacune près
de 80 chiens au chenil. Près de 8.000 cavaliers pratiquent
ce sport occasionnellement ou régulièrement.
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1.2 La Vénerie
en Grande Bretagne
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1.2.4 Autres chasses à courre
Vénerie du lièvre
et du lapin : Moins spectaculaires et plus rustiques,
mais tout aussi prisées, ces chasses à courre
compteraient 30.000 participants dans toute la Grande-Bretagne.
La population de lièvres a augmenté très
sensiblement dans les régions où les "latifundias"
ont cédé le pas à une culture intensive.
Quant aux lapins, ils prolifèrent de nouveau dans les
régions d'élevage ayant au fil des ans, développé
une résistance au virus de la myxomatose.
Coursing and lurchers : Spécificité
britannique mais également espagnole, la chasse à
l'aide de lèvriers est interdite en France. En Grande-Bretagne,
il y a 24 "Coursing Clubs" répertoriés et près
de 80.000 personnes utilisant des lèvriers pour occasionnellement
ou régulièrement chasser lapins ou lièvres.
(source CLA) Le lèvrier n'a aucun flair et chasse à
vue. Bâtis pour la course, ces chiens ont une très
grande rapidité qui surpasse celle du lièvre.
Les britanniques organisent donc des concours où deux
lèvriers en compétition vont être mis
en présence d'un lièvre en plein champ. Les
deux chiens vont chercher à "coiffer" le lièvre,
qui ne devra son salut qu'à ses crochets.
En effet, un lèvrier lancé à pleine vitesse
mettra près de 8 mètres pour tourner, alors
qu'un lièvre changera instantanément de direction.
Ainsi, en quelques crochets, l'animal poursuivi va casser
la vitesse des chiens, les égarer et disparaître
à leur vue. Cette pratique est à l'origine de
courses de lèvriers sur des cynodromes, où les
chiens vont poursuivre un lièvre artificiel.
En Grande-Bretagne, ces courses sont aussi populaires que
nos courses de chevaux et donnent lieu à des paris
aussi bien sur place que dans des boutiques spécialisées
ou sur Internet, l'équivalent de notre PMU.
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II Ruralité et urbanisation
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2.1 Vénerie et Société moderne
: Genèse d'un conflit
Lutte des classes entre urbains
et ruraux ?
- ..............2.1.1 Urbanisation
de la Société
- ..............Révolution industrielle et désertification
rurale
- ..............2.1.2 Evolution des sensibilités
- ..............Anthropologie du nugget pané
- ..............2.1.3 Hommes domestiques
et loisirs sauvages
- ..............De Brigitte Bardot à Monique de Rothschild
2.2 La Bataille d'Angleterre
- ..............2.2.1 15
ans de combats politiques
- ..............Tali Ho ou du rififi chez les rosbifs
- ..............2.2.2 Arguments et Arguties
- ..............Les verts voient rouge
- ..............2.2.3 Plaidoyer
- ..............Les rouges se voient vert
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II Ruralité et urbanisation
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2.1 Vénerie et Société moderne
: Genèse d'un conflit
2.1.1 Urbanisation de la Société
La première révolution agricole à la
fin du XVIIIéme siècle en Grande-Bretagne en
instaurant la rotation des cultures et la privatisation des
communaux a initié une meilleure productivité
de l'agriculture et un premier exode rural. Ces deux facteurs
d'après Karl MARX, en fournissant une main d'uvre
abondante et en subvenant à son alimentation, ont permis
la Révolution Industrielle.
Dans un deuxième temps, la mécanisation de l'agriculture
a soutenu le développement de la sidérurgie,
tout en intensifiant la productivité agricole qui pouvait
ainsi répondre à la demande croissante d'une
population de plus en plus urbanisée. A la fin du XVIIIéme
siècle, en Grande-Bretagne, les ruraux ne représentent
plus que 46 % de la population.
La France, troublée par l'ère révolutionnaire
puis les conquêtes Napoléoniennes, a fait sa
propre révolution industrielle avec un retard de près
d'un siècle. En 1846, seul un quart de la population
est urbanisé. Il faudra attendre 1906 pour atteindre
le seuil de 42 %. La Première Guerre Mondiale va saigner
les campagnes françaises de leur force vive. En 1936,
la moitié seulement de la population est urbaine gardant
des racines profondément rurales jusqu'au milieu du
XXe siècle. Le développement industriel des
30 glorieuses va accélérer ce phénomène
d'urbanisation amenant l'habitat urbain et périurbain
à dépasser le seuil des 75 %. En 1980, les agriculteurs
ne représentaient plus que 9 % de la population active
en France et seulement 3,5 % en Grande-Bretagne. Aujourd'hui,
25 ans après, la France compte 1 million d'actifs permanents
dans le secteur agricole, soit 3,5 % de la population contre
570.000 agriculteurs en Grande-Bretagne représentant
2,2 % de la population active.
Au Royaume-Uni comme en France, ces déracinements n'ont
pas été sans conséquences sur les populations,
et les rapports de l'Homme à la nature en ont été
profondément bouleversés.
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II Ruralité et urbanisation
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2.1 Genèse d'un conflit
2.1.2 Evolution des sensibilités
La vie urbaine induit une standardisation des comportements
et un nivellement des modes de vie, ce que les sociologues
appellent "la moyennisation". Ce phénomène s'est
amplifié avec l'avènement de la Société
de communication.
Quelques médias et en premier lieu la télévision,
vont formater un mode de pensée et une façon
de vivre, conçus par des urbains pour des urbains.
Pour beaucoup de citadins, la campagne est un monde virtuel
que la plupart ne connaîtront qu'à travers des
images transmises par les médias ou entrevues en voiture
entre deux sorties d'autoroutes interurbaines.
La Société de Consommation qui permet aux ménagères
d'acheter des tranches de jambon désossé sous
blister, des blancs de poulet en barquette ou du poisson pané
en nuggets, accentue le fossé entre consommateurs urbains
et producteurs ruraux. Les citadins ont du mal à relier
l'image bucolique d'une vache au pré à la brochette
de boeuf dans leur assiette, et éludent le passage
pourtant obligatoire par l'abattoir et l'équarrissage.
Jusqu'au XVIIIe siècle, les manuels de savoir-vivre,
insistaient sur la nécessité pour un homme bien
élevé de savoir découper les animaux,
car ceux-ci étaient souvent servis entiers à
table. Peu à peu, une hypocrisie des manières
de table s'est mise en place, tendant à faire oublier
que l'alimentation carnée induit la mise à mort
d'animaux. L'animal vivant est devenu simple viande, incapable
de signifier la vie disparue.
Les médias cultivent encore une image de poulets picorant
dans une cour de ferme, alors que 99 % des volailles sont
produites dans l'univers concentrationnaire de l'élevage
en batterie. Combien d'urbains aujourd'hui pourraient saigner
et plumer un canard de ferme ou trousser un lapin. Ces gestes
faisaient pourtant partie du quotidien des ménagères
dans les années 60. La mort animale est devenu un tabou.
Avec ce changement de mode de vie, la sensibilité du
grand public envers le monde animal, qu'il soit domestique
ou sauvage, s'est transformée.
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II Ruralité et urbanisation
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2.1 Genèse d'un conflit
2.1.3 Hommes domestiques
et loisirs sauvages
Si la chasse et la pêche sont restées des activités
traditionnelles dans les milieux ruraux, loisirs pour les
uns, métiers pour les autres, la majorité des
citadins n'y ont pas accès. Parce que ce n'est pas
dans leur culture ni dans leurs traditions familiales, ces
derniers ont une vision plus contemplative de la nature.
"L'idée de tuer un animal pour son plaisir" leur est
insupportable. Il est vrai que cette simple formulation suffit
à rendre la chasse ou la pêche haïssable.
Des associations se sont donc créées au fil
des âges, pour protéger les animaux domestiques
ou sauvages et améliorer leurs conditions de vie ou
de mort.
Dans les années 70, la notion de nature, capital fragile
mis en danger par l'urbanisation massive, l'industrialisation
polluante et le pillage de ressources naturelles non renouvelables,
va devenir un enjeu politique, mobilisant de plus en plus
de citoyens dans nos sociétés occidentales.
Les avancées permises par la mobilisation de l'opinion
pour ce qu'il est convenu d'appeler depuis peu, "le développement
durable", sont indéniables. Parallèlement, le
poids des associations anti-chasse va prendre de l'ampleur
et lancer des attaques résolues pour arrêter
la chasse en général et la vénerie en
particulier.
Les politologues distingueront les "écologistes" des
"zoophiles" parmi ces militants. Les premiers condamnent certaines
formes de chasse à partir de considérations
scientifiques sur les espèces menacées alors
que les seconds militent bruyamment contre "les corridas,
l'élevage en batterie, l'expérimentation animale,
la fourrure, la chasse à courre, la chasse tout court,
le massacre des baleines, des dauphins, etc.."
En France, une campagne virulente lancée au début
des années 80, s'était soldée par un
échec. Le ministre de l'environnement, qui s'était
juré de parvenir à l'abolition de la chasse
à courre, ayant été rapidement évincé
du gouvernement et le Parti Communiste militant fermement
pour le maintien de cette tradition séculaire ancrée
profondément dans le tissu rural, les Verts n'ont pas
trouvé d'alliés politiques suffisamment motivés
pour gagner leur combat. Il en fut tout autrement en Ecosse,
puis en Grande Bretagne.
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II Ruralité et urbanisation
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2.2 La bataille d'Angleterre
2.2.1 Quinze ans de combats politiques
Le
premier projet de loi demandant l'interdiction de la chasse
à courre remonte à 1949. Après une enquête
diligentée par le gouvernement travailliste de l'époque,
les conclusions furent que la chasse à courre contribuait
notablement à lutter contre la population de renards
et qu'il fallait la maintenir.
En 1992, quarante-trois ans plus tard, le projet de loi est
présenté à nouveau par Kevin McNamara,
qui essuie un nouvel échec.
En 1993, nouvel essai par Tony Banks, puis en 1995 par John
McFall.
En 1997, Tony Blair est élu avec brio, il avait promis
à ses militants la perte des fox hunters. Mais en 1998,
le projet de loi déposé par Michael Foster,
n'ayant pas été voté dans les temps,
tombe aux oubliettes.
En Mars 1998, 250.000 partisans de la chasse à courre,
venus de tout le pays se rassemblent à Londres.
En Juillet 1998, Tony Blair crèe la surprise et annonce
l'abolissement prochain de la vénerie. En novembre,
le gouvernement travailliste fait part de son soutien à
l'enquête d'un député indépendant,
Burms, sur l'impact de l'abolition de la vénerie sur
le milieu rural.
En 2000, le gouvernement de Tony Blair soumet un nouveau projet
au Parlement qui doit choisir entre une auto-réglementation,
un droit de chasse soumis à un permis ou une abolition
pure et simple.
En janvier 2001, le projet recevant un soutien massif de la
chambre des Communes pour l'abolition définitive, la
Chambre des Lords le bloque avant les élections. Rebondissement
6 mois plus tard, la Reine promet un vote libre sur ce projet.
En février 2002, le tout jeune Parlement autonome écossais
s'est empressé de voter l'interdiction de la chasse
à courre - sur les 8 équipages, 6 continuent
en espérant que la Cour européenne de justice
viendra à leur secours.
En mars 2002, votée par les Communes la loi est rejetée
massivement par les Lords.
En septembre 2002, 400.000 ruraux manifestent à Londres
pour défendre leurs libertés. C'est la plus
grande manifestation qu'est connue la Grande-Bretagne depuis
la guerre.
En 2003, nouveau vote et nouveau veto de la Chambre des Lords.
En 2004, après un troisième échec, le
gouvernement décide de recourir au Parliament Act,
une chicane utilisée seulement trois fois depuis 1949
et qui donne le dernier mot aux députés.
La chasse à courre est interdite en Grande-Bretagne.
Le dernier laisser-courre aura lieu en mars 2006. La Countryside
Alliance, la plus grosse organisation réunissant les
acteurs du monde rural, s'est engagée à poursuivre
le combat devant la justice, en contestant d'abord le Parliament
Act, puis en sollicitant la Cour européenne des droits
de l'homme à Strasbourg.
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II Ruralité et urbanisation
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2.2 La bataille d'Angleterre
2.2.2 Arguments et arguties
Derrière le jeu politique,
quels sont les chefs d'accusation des associations de défense
contre les veneurs ?
Le premier grief concerne la souffrance infligée au
gibier pendant le laisser-courre, en se basant sur le rapport
du Professeur Bateson, cité comme témoin à
charge à la Chambre des Communes. Bateson s'appuyant
sur des analyses de sang effectuées sur un animal chassé,
arrive à la conclusion que vu les taux de toxines enregistrés,
le stress éprouvé par le gibier était
dangereux pour sa santé et pouvait aboutir à
une crise cardiaque avant même que l'animal ne soit
pris par la meute.
L'intérêt de ce "rapport scientifique" peut sembler
assez relatif, lorsqu'on lit plus loin que se basant sur d'autres
analyses de sang effectuées cette fois sur des marathoniens,
Bateson constate que ces derniers souffrent du même
stress et encourent les mêmes risques cardio-vasculaires
qu'un animal traqué.
Bateson a entamé la présentation de son rapport
à la chambre des Communes par un très
scientifique :
"Vous connaissez Bambi ? C'est de lui dont il s'agit."
Deuxième souffrance infligée au gibier, la mise
à mort à l'arme blanche quand l'animal est coiffé
par les chiens. Il est à noter que les veneurs se défendent
au contraire, de "servir" l'animal, aussi vite que possible
pour abréger ses souffrances. Un tel acte "transgresserait
la charte du droit animal" et relèverait du "spécisme"
(racisme entre espèces), les veneurs "faisant une distinction
entre l'animal sauvage et leurs animaux domestiques, à
qui ils ne feraient pas subir les mêmes atrocités".
Sans être ni chasseur ni veneur, on peut être
affligé de la pauvreté de cette argutie, qui,
comme la référence à Bambi, fait appel
à un sentimentalisme simpliste. Cet intellectualisme
pédant manque "cruellement" de poids et sonne le creux,
voire le faux dans une société où l'homme
abat chaque année des centaines de milliers de vaches,
veaux, moutons, agneaux, poulets et autres poissons. Au plan
européen, le député vert Amendola a déposé
une proposition de résolution sur "le bien-être
et le statut des animaux dans la CEE", le statut des animaux
domestiques étant depuis le traité de Rome celui
de "produit fermier" et la faune sauvage n'existant pas. Le
texte, soutenu par les zoophiles, préconisait un nouveau
statut "d'êtres sensibles" pour tous les animaux au
même titre que les humains et interdisait toute forme
de violence à leur encontre, dont la chasse. Il prévoyait
en outre "l'incitation à une alimentation végétarienne
et végétalienne" dans toute la CEE. Idéalisme
et extrêmisme ont fait rejeter le projet.
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II Ruralité et urbanisation
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2.2 La bataille d'Angleterre
2.2.3 Plaidoyer
Les veneurs ne se privent pas
d'utiliser l'argument de la prédation naturelle, puisqu'ils
ne chassent qu'avec des chiens en encourageant leur instinct
naturel et n'utilisant une arme qu'au dernier moment.
"C'est donc la chasse la plus écologique qui soit",
assurait un maître d'équipage. "Il apparaît
indispensable de poser un principe fondamental : celui de
la réalité de la nature. La chasse à
courre n'use pas plus de cruauté que les animaux entre
eux dans leur milieu naturel. Le destin d'un animal vivant
à l'état sauvage est de chasser et d'être
chassé. C'est la loi de la nature, toute autre vision
est utopique." Le renard chasse le lapin comme le brochet
chasse le gardon qui lui-même gobe les mouches.
Le veneur se sent en symbiose avec le milieu naturel. Il est
un défenseur d'un écosystème, dont il
est partie intégrante. En limitant la population de
renards, il protège les couvées de faisans et
de perdreaux, limite la prédation de levrauts et d'agneaux.
Il est un des acteurs d'un monde rural immuable que l'homme
a faonné, domestiqué et cultivé pendant
des siècles. Le veneur est porteur d'une tradition
ancestrale.
Dans le cas de la chasse au renard, le veneur ne fait que
contribuer à la limitation de cet animal considéré
comme nuisible. La décision des juges, en l'occurrence
le vote des députés, d'interdire ou non la chasse
à courre, ne bénéficiera en aucun cas
au renard. Le mode de "pest control" préconisé
par le Ministère Britannique de l'agriculture est le
gazage dans les terriers. Mais la SPA britannique ne se mobilisera
pas contre ces pratiques, même si l'utilisation de gaz
a été interdite en France pour sa cruauté.
Tableau 2 : la rgulation des renards en Angleterre.
| Mode
de rgulation utilisé |
Nombre
de renards prélevés |
% sur
l'ensemble des prélèvements |
| Chasse
à tir |
80
000 |
20 |
| Chasse
à courre |
75
000 |
18,75 |
| Piègeage |
36
000 |
9 |
| Autres
(gazage, etc) |
211.
000 |
52,75 |
Chiffres cités dans Hunting the truth et issus du Rapport
Burm
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III Données économiques
et sociales
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3.1 Un monde rural interdépendant
Au moment de la remise en cause
de la chasse à courre par le parti travailliste, un
grand nombre d'entreprises dont les activités étaient
liées ou dépendantes de la vénerie, de
la chasse et de la pêche prit le parti de s'unir en
une association globale de défense des activités
rurales.
Autrefois appelée la "Countryside Business Group",
la "Countryside alliance" est aujourd'hui devenu un puissant
lobby, qui s'est rendu célèbre par ses nombreuses
manifestations du type de la "march of march" en mars 1998,
qui ont su réunir jusqu'à 400.000 personnes.
(cf. photos et articles en annexe)
Dans le souci de représenter l'étendue des activités
engendrées par la vénerie dans les campagnes
anglaises, la Coutryside Alliance entreprit de recenser, chiffres
à l'appui, l'ensemble des emplois et des activités
qui se verraient menacés en cas d'abolition de la "chasse
au renard".
Publiés dans le rapport "Hunting : the truth", les
résultats de leurs investigations font état
de 33000 emplois liés aux activités de la chasse
dont 8000 à plein temps. Pour chasser, il faut des
chiens, du personnel pour s'en occuper, de la nourriture,
des soins vétérinaires, des véhicules
pour les déplacer. Il faut des éleveurs, des
loueurs et des marchands de chevaux. Des pony-clubs, des prairies
et de l'avoine pour les nourrir, du personnel spécialisé
et là aussi des soins vétérinaires. Il
faut également des artisans, selliers, maréchal-ferrant,
bottiers, tailleurs et boutiques. L'entretien des haies, barrières
et murets qui font le particularisme des "foxhunts" ou des
"drags", va fournir du travail aux marchands de bois et à
des entrepreneurs.
La chasse à tir que la Countryside Alliance sait tout
aussi en danger que la vénerie, fait vivre d'autres
corps de métiers de la ruralité. Les créateurs
de vêtements comme le célèbre "barbour",
les fabricants et marchands de munitions, armes, bottes, chapeaux
sont dépendants de la chasse. Les éleveurs de
gibier, producteur de grains, dresseurs de chiens, rabatteurs
et ramasseurs de gibier tirent une partie de leur revenu du
maintien de cette activité rurale.
Sans oublier la pêche, autre sport considéré
comme cruel par les écologistes zoophiles, qui nécessite
d'autres fabricants de matèriels et d'autres spécialistes.
Les activités rurales de loisirs fournissent du travail
à plein temps, occasionnel ou saisonnier à une
campagne en voie de désertification et de paupérisation.
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III Données économiques
et sociales
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3.2 Un lien social
Derrière l'image d'Epinal
d'une vénerie monolithique, aristocratique et figée
se cache une réalité sociale toute autre.
Si traditionnellement, la vénerie était un des
privilèges de la noblesse, ce sport s'est démocratisé
autant en Grande-Bretagne qu'en France. La preuve en est qu'
Outre Manche, la chasse à courre sous ses formes multiples
réunit d'après le quotidien The Times du 16
septembre 2004, un million deux cent mille fervents. Ce chiffre
inclut 541 000 veneurs à cheval et 741 000 suiveurs
à pied, voiture ou bicyclette. Ce constat prouve à
lui seul que cette passion est très largement partagée
et parfaitement accessible au plus grand nombre.
L'Humanité, émanation du PCF, éditait
en 2003 un article paru sous le titre "Vénerie, chasse
aux idées recues". Citant deux chercheurs du CNRS,
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot., auteur
d'une étude sur la vénerie, l'Huma écrivait
"Si la tenue fleure bon l'Ancien Régime, la chasse
à courre réalise ce miracle de faire partager
la même passion par des ducs, des grands bourgeois,
des banquiers, des facteurs et des cantonniers."
En Angleterre, où les suiveurs à cheval sont
tenus de se conformer à la tenue traditionnelle rouge
ou noire, il est difficile de distinguer sous l'uniforme et
les mêmes visages rubiconds, le fermier du propriétaire,
ou le médecin du hobereau local. 860 à 900 rendez
vous de chasse réunissent chaque semaine ces passionnés
pour courir le lièvre, le renard ou le lapin. Autant
d'occasions de brassage social entre agriculteurs et éleveurs,
entrepreneurs et professions libérales, villageois
et citadins, autour de valeurs et de plaisirs communs, l'amour
du cheval et des chiens, de la nature et de la chasse.
"Dans les zones rurales où la nature reste un lieu
à exploiter et non un spectacle à ne pas déranger,
on communie assez naturellement", écrit l'Humanité,
Dans un monde rural qui se désertifie et où
les distractions sont rares, ces 900 rendez-vous cynégétiques
hebdomadaires rassemblant 1.200.000 personnes, auxquels on
pourrait ajouter les "sporting parties" qui mobilisent également
les forces vives de la campagne pour des battues qui interessent
700.000 chasseurs, la chasse dans la diversité de sa
pratique est un poumon économique et social. Ce tourisme
cynégétique est le lien social entre les producteurs
qui gèrent la terre et les consommateurs villageois
et citadins, entre propriétaires et exploitants agricoles.
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III Données économiques
et sociales
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3.3 Une économie à part
entière
Les données économiques
fournies par la Société Française de
Vénerie, si elles sont trés incompletes et notoirement
sous-évaluées, nous permettent de mieux cerner
et comprendre les chiffres dont nous disposons concernant
le Royaume-Uni.
"En France, acheter un cheval coûte entre 1200 et 2200
Euros on peut estimer que les 7000 chevaux de vénerie
génèrent un chiffre d'affaires annuel de près
de 3 millions d'Euros. La location d'un cheval de chasse pour
une journée coûte environ 120 Euros. En estimant
à 4, le nombre moyen de chevaux loués par équipage
par jour de chasse, la simple activité de location
génère également 3 millions d'Euros.
L'utilisation de produits traditionnels, tels l'avoine, l'orge,
le foin ou la paille maintiennent des activités de
polyculture traditionnelles. Le budget annuel d'alimentation
est d'environ 300 Euros par cheval soir un CA global de 4,5
M d'Euros. Les frais vétérinaires se montent
à 1,5 Millions et la ferrure (53 Euros par ferrure)
à 2,2 Millions. Le personnel d'entretien des chevaux
représente 11 Millions. L'équipement du cheval,
en amortissant les prix d'achat neuf (1.500 E) sur 5 ans,
représente un chiffre d'affaire annualisé de
2,2 ME. Le transport se chiffre à 5 ME et le repos
du cheval en prairie en dehors de la saison de chasse à
2,2 ME. L'ensemble des postes cumulés nous permet d'estimer
la contribution économique du cheval de chasse à
30 Millions d'euros par an." (source Société
de vénerie-97) La même société
de vénerie évalue dans un document édité
en 98 sur les chiens de meute, le coût de nourriture
à 400F/chien/an. Ce chiffre nous semble obsolète
et sous-évalué, car il correspond aujourd'hui
au frais d'alimentation d'un labrador pendant 6 à 7
semaines.
La Countryside Alliance qui revendique 541.000 suiveurs ou
veneurs à cheval au lieu des 10.000 évoqués
dans ce rapport de la Société française
de vénerie, et 741.000 suiveurs au lieu des 100.000
revendiqués par la Vénerie française,
cite des chiffres impressionnants. Le chiffre d'affaires généré
par la vénerie en Grande Bretagne serait de 408 millions
d'Euros par an. Chasse, pêche et vénerie sont
des moteurs de la vie économique rurale et un appoint
financier indispensable à son équilibre économique.
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Conclusions
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L'agriculture britannique, que
la perte du Commonwealth et l'entrée dans la Communauté
Européenne a largement affaiblie, a été
encore fragilisée par la crise de l'encéphalopathie
spongiforme bovine, et l'anéantissement d'une partie
de son cheptel. Si l'est et le sud de l'Angleterre agricole,
sont relativement prospères grâce à leur
production céréalière et légumière,
le Pays de Galles et l'Ecosse sont sinistrés.
Les études commanditées par les gouvernements
en 49, puis le rapport Burns en 1998, considéraient
que la vénerie anglaise soutenait l'économie
rurale tout en participant à la limitation des nuisibles.
Rejoignant l'étude française sur la chasse à
courre de Pinçon et Charlot, les rapporteurs concluaient
que cette pratique était de nos jours parfaitement
démocratisée, très loin de l'image strictement
aristocratique conservée par la mémoire collective.
Alors que les arguments des écologistes zoophiles ne
sont pas de nature à retenir l'attention d'un économiste
ou d'un politicien, le gouvernement travailliste s'est cristallisé
sur un sujet mineur, l'abolition de la chasse à courre.
Les données macro-économiques sur l'économie
rurale, qui semblent de bon sens, auraient du plaider en faveur
du maintien de la chasse à courre, bien mieux que le
débat, fondé ou non, sur la cruauté d'une
telle pratique. Les sondages d'opinion révélaient
que 59 % de la population était favorable au maintien
de la vénerie. L'abolition devait engendrer plus de
mécontentement que sa sauvegarde. Les éditorialistes
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